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Télécommunications : LE MALI RELIÉ AUX AUTOROUTES DE L'INFORMATION

 Notre pays dispose désormais de bretelles à travers la Côte d'Ivoire pour rejoindre les câbles transatlantiques


"Construire une autoroute c'est bien, mais construire une autoroute de l'information c'est encore mieux." Cet avis est celui du ministre ivoirien de l'Information, de la Communication et des Nouvelles technologies, Hamed Bakayoko. Il s'exprimait lors de la cérémonie d'inauguration du poste d'interconnexion des fibres optiques reliant nos deux pays, le vendredi dernier à Zégoua. La cérémonie a été coprésidée par la ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo et son homologue Hamed Bakayoko.
Notre pays a désormais la possibilité de se connecter aux câbles transatlantiques SAT3.

Les populations de Zégoua ont donné un éclat particulier à l'événement en se mobilisant sous la conduite de leur maire Fatogoma Ouattara et des chefs coutumiers de la ville. Peuplée de 24.014 âmes, Zégoua est située à l'extrême sud de notre pays et à 4 km du premier village ivoirien (Pogo). La foule avait pris assaut le poste d'interconnexion construit à la lisière de la ligne de démarcation entre nos deux pays. La plupart des gens étaient habillés aux couleurs des deux opérateurs téléphoniques de notre pays (Sotelma-Malitel et Orange/Mali). La cérémonie a commencé par quelques notes de balafon, instrument de musique le plus prisé de la zone. Les jeunes filles et les jeunes garçons ont esquissé quelques pas de danse en signe de reconnaissance et de manifestation de joie d'accueillir cet événement.

 
Pour le ministre ivoirien, l'enthousiasme de la population d'accueillir cet événement doit être perçu comme une interpellation des autorités pour apporter des réponses concrètes aux préoccupations locales. Hamed Bakayoko a relevé que l'Afrique était absente à la révolution industrielle et technologique du 18è siècle. "Elle court encore derrière les modèles dont elle n'a pas pris part à la conceptualisation. En ce moment, il se passe une nouvelle révolution, celle du numérique. Cette révolution qui permet de briser les frontières entre les pays (riche et pauvre), élargit la voie au transfert du savoir d'un pays à un autre, d'une université à une autre, etc.

 
Aujourd'hui, celui qui est riche, c'est celui qui sait transférer le savoir", a soutenu le ministre ivoirien qui pense que notre continent n'a pas le droit de rater cette fois le train du développement à travers cet outil précieux de la communication. "C'est un puissant moyen de lutter contre la pauvreté. Aujourd'hui, nos parents n'ont plus besoin de parcourir des km pour annoncer un décès.

Avec le téléphone, c'est vite fait", a-t-il constaté, estimant que ceux qui réduisent les priorités de l'Afrique au besoin d'eau, de santé ou d'éducation, ont simplement tord. "Le défi pour notre continent c'est de s'approprier cet outil d'information, pour que les enfants de Zégoua puissent assister aux mêmes cours que les enfants américains", a laissé entendre Hamed Bakayoko qui a fait don d'un million de Fcfa à la population de Zégoua en guise de remerciement pour son attachement au projet.

Il a été suivi dans ce geste par Mme Diarra Mariam Flantié Diallo qui a, elle aussi, offert 1 million de Fcfa et un ordinateur à la municipalité de Zégoua.
Pour la ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies, la libre circulation des personnes et des biens est devenue une réalité dans notre espace communautaire. "Aujourd'hui l'intégration n'est plus un rêve pour nos populations, déjà ses effets sont visibles dans leur vie de tous les jours et dans leurs activités économiques", a-t-elle indiqué.


L'interconnexion offre une meilleure opportunité à nos deux opérateurs de tirer profit de la position de la Côte d'Ivoire pour diversifier leurs activités et permettre aux populations des localités situées le long du tracé de la fibre l'accès facile aux différents services de télécommunications. "Au moment où nos pays sont lancés sur les chantiers du désenclavement intérieur et extérieur et du développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication, l'interconnexion ne peut être que la bienvenue", s'est-elle réjouie, avant de plaider pour une meilleure sécurisation des infrastructures contre les déprédateurs, eu égard au volume des investissements.
La réalisation de cette infrastructure a coûté aux opérateurs de télécommunications de nos deux pays, environ 15 milliards Fcfa.

A O. DIALLO
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DE NOMBREUSES RETOMBÉES

L'idée de la construction de la fibre optique est née de la volonté des opérateurs historiques des deux pays (Sotelma et Côte d'Ivoire télécom), membres de la Conférence des télécommunications ouest africaines (CTOA), appuyées par leurs autorités de tutelle, a rappelé le directeur général de Côte d'Ivoire télécom, Daniel Feramine.

Cette initiative ambitionne de développer les infrastructures de communication de la sous-région. L'objectif étant de bâtir un réseau de fibres optiques totalement maillé dans l'ensemble de la sous-région. Les opérateurs alternatifs se sont joints au projet contribuant ainsi à son développement et à son succès. Ainsi, après la réalisation de la ligne Côte d'Ivoire-Burkina Faso, c'est celle reliant la Côte d'Ivoire et le Mali qui vient d'être achevée. Elle s'ajoute au réseau reliant le Mali et le Sénégal et celui reliant le Burkina Faso au Togo et au Mali et le Togo au Bénin, etc.
Au regard du maillage, on peut dire que l'objectif global de la CTOA est en passe de se réaliser, a t-il estimé. Selon lui, les circuits d'Orange-Mali ont déjà été basculés sur le nouveau tronçon Frékessé-Zégoua. En outre les travaux de migration et d'augmentation de circuits entre Sotelma et Côte d'Ivoire télécom sont en cours.

 
Sur le plan technique, les travaux réalisés concernent un réseau de fibres optiques d'une capacité de 12 Bnns, reliée à des équipements de transmission modulaire avec une interface STM16, équivalent à une capacité de transmission de 2 016 Megabits par seconde, soit 800 millions de minutes de communication téléphonique par mois, soit également 85 000 abonnés à internet haut débit ADSL ou Wimax. Cette capacité pourra être augmentée en fonction de la croissance des besoins et d'usagers.

 
Pour relier Bamako à Abidjan, Côte d'Ivoire télécom et ses partenaires maliens ont posé environ 1265 km de fibres optiques, dont 750 sur le territoire ivoirien et les diverses boucles et artères de sécurisation complétant cette liaison. Pour sécuriser le réseau, Côte d'Ivoire télécom a entrepris dans la partie nord de la Côte d'Ivoire les travaux de dédoublement de la ligne existante sur environ 400 km, reliant Yamoussoukro à Ouagadougou, de manière à ce que les artères forment une boucle de sécurité. La fin des travaux est prévue pour la première quinzaine du mois de décembre. Ce qui devra améliorer la qualité de service offert aux clients de Sotelma et Orange-Mali.


Parlant des retombées de cette réalisation, les dirigeants des trois opérateurs, utilisateurs des services, sont unanimes sur les avantages qu'offre cette interconnexion aux usagers de nos différents pays: renforcer les noyaux de communication publique et privée; faciliter le transfert de données à très haut débit et d'augmenter le nombre des abonnés à internet et à moindre coût. Elle offre aux exploitants des services de télécom des opportunités d'accroître leurs activités, développer des services nouveaux et améliorer leurs revenus.


Elle permettra à la Côte d'Ivoire de sécuriser les câbles sous-marines, reliant Abidjan-Dakar par voie terrestre, via le Mali et le Sénégal, mettant ainsi fin à éventuel isolement en cas de panne majeure et permettra à notre pays d'accéder aux câbles transatlantiques SAT3.

AOD

 

 
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