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COMMUNICATION : DIEUDONNE LAISSE UN GRAND VIDE

Dieudonné Amadou Alpha Sow, que tout le monde appelait par son prénom « Dieudonné », Secrétaire général du ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies, s'est éteint hier des suites d'une brève maladie. Musulman pratiquant, Dieudonné était convaincu que l'existence ne peut être pensée sans la mort, cette rupture inévitable toujours ressentie comme prématurée.


Mais il ne pensait certainement pas, et nous avec lui, qu'elle le rattraperait à un tournant aussi brutal qu'inattendu ce mardi alors que le soleil était au zénith. Dieudonné s'en est donc allé à la grande douleur de ses parents et de ses nombreux amis dans la presse, la haute administration et le large cercle de personnes avec qui il avait été en relation durant une vie pleine.

 

Né le 30 mars 1954 à Bobo Dioulasso, la Haute Volta d’alors, il effectue ses études primaires à Gourma Rharous où viennent s'établir ses parents. Il poursuit ses études au lycée Prosper Kamara et y passe un baccalauréat qui lui ouvre les portes de l'École normale supérieure de Bamako en 1974. Il y restera deux ans avant d'être gagné par le virus du journalisme. Il entre alors au Centre d'études des sciences et techniques de l'information de l'Université Cheick Anta Diop de Dakar d'où il sortira en 1979 avec un diplôme d'études supérieures de journalisme.

 

Muni de ce parchemin, il regagne le bercail où il intègre la Fonction Publique le 1er octobre 1979. Il est affecté le 1er novembre de la même année à l'Agence malienne de presse et de publicité en qualité de rédacteur de l'information stagiaire au quotidien L'Essor. Dans notre journal, le jeune Dieudonné montre rapidement ses qualités de bon journaliste.

 

C'est ainsi qu'il devient chef de la rubrique « culture » du quotidien national à partir de 1980. Deux ans plus tard il est nommé chef de la rubrique internationale et le reste jusqu'en 1985, date à laquelle il devient le secrétaire général de la rédaction. Il continue simultanément se perfectionner par des stages et des sessions à l'Université de Paris II puis au centre de formation des communicateurs africains de Montréal puis à l'Université de Chicago et au centre de perfectionnement des journalistes Rue du Louvre Paris de 1980 à 1984.

 

C'est en septembre 1991 qu'il quitte le quotidien sans s’en éloigner en réalité. Il traverse juste la cour pour remplir les fonctions de conseiller technique chargé de la presse écrite et de la publicité au ministère de la Communication. Le département change de dénomination pour prendre en plus la charge de la Culture, Dieudonné conserve les mêmes fonctions de 1992 à 1994 puis se voit confier les médias, la formation et la coopération jusqu'en 1997.


Il se voit alors confier les rênes du Secrétariat général du ministère de la Communication jusqu'à la fusion qui donnera naissance au ministère des Domaines de l'État et de la Communication. Retour à l’orthodoxie en 2002, Dieudonné A. A. Sow récupère le 8 juillet 2002, le secrétariat général du ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies jusqu'à son rappel à Dieu hier en fin d'après-midi.


Il s’était coulé avec l’aisance que lui permettait son intelligence dans le costume de l’administrateur mais restait au fond de lui-même le journaliste qu’il avait longtemps été, formé à l’intense et rigoureuse école du quotidien. Il en avait conservé sans avoir à se forcer une grande sociabilité, de grands éclats de rire, une solide capacité à travailler en équipe et à fédérer les énergies. Il avait aussi su garder le goût du débat sur les questions qui agitent le monde de la presse, comme en attestent ses nombreux essais parmi lesquels on peut citer : « La presse écrite au Mali : quelles perspectives ? », « le rôle de la presse : entre la recherche du professionnalisme et les contraintes de la précarité », « le paysage médiatique malien depuis l'avènement de la révolution : forces et faiblesses », etc. Consultant et formateur, il avait pris une grande part aux deux premières éditions des Journées nationales de l’information et de la communication organisées par notre pays et s’employait déjà très fort à la bonne organisation des troisièmes à venir.


C’est ce professionnel très impliqué et très apprécié dans le monde de la Communication, cet homme au contact facile et à l’amitié fidèle, que la mort a arraché hier à l’affection de tous, en premier lieu à celle de son épouse et de ses trois enfants.
Son enterrement aura lieu à 16h cet après-midi à Faladiè.

Dors en paix Dieudonné.
B. COULIBALY

 

 
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